La découverte du bégonia

Michel Bégon

Guy-Crescent Fagon, directeur du jardin botanique du Roi, et son ami Michel Bégon intendant de la Marine de Rochefort au XVIIe siècle et fervent collectionneur de plantes, botaniste intendant des îles françaises d’Amérique, sont chargés, par le Roi, de recruter deux savants pour faire des prospections naturalistes dans les territoires français des Antilles, pour inventorier les richesses végétales utiles en médecine ou en agriculture. Joseph Donat Surian, médecin marseillais, est invité le premier. Il désigne Charles Plumier pour l’aider dans sa tâche. Les religieux, à l’époque, sont souvent choisis pour les explorations lointaines, afin d’y évangéliser les âmes. Le Père Plumier sera surtout chargé des herborisations, des descriptions et des dessins.

L’équipage embarque fin 1688. Malheureusement, les deux hommes ne s’entendent pas et se séparent durant le séjour.Plumier

Mais Plumier s’acquitte à merveille de sa tâche. Les observations qu’il rapporte, les planches qui les accompagnent sont de tout premier ordre. Il met à profit son exceptionnel talent pour le dessin pour réaliser de nombreuses figures très précises, le plus souvent au simple trait.

A son retour, il publie un premier ouvrage.

Le Roi le récompense de sa mission en le nommant botaniste du Roi.

C’est lors de ce voyage que Plumier découvrit la plante qu’il baptisa du nom de bégonia, en l’honneur de l’épouse de son bienfaiteur (Michel Bégon).

Il repart aux Antilles en 1693, publie en rentrant de son périple sa Description des plantes de l’Amérique avec leurs figures.

Un conservatoire

Grâce à leurs efforts, Rochefort devint renommé pour ses importations de plantes exotiques durant les XVIIe et XVIIIe siècles.

Originaires d’Amérique tropicale, d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique de l’Ouest, les bégonias sont cultivés comme plantes ornementales depuis le XIXe siècle.

L’idée de la municipalité de Rochefort d’établir une serre de bégonias pour célébrer la mémoire de l’illustre intendant Bégon, eut son opportunité en 1986. En avril de cette année-là, la ville de Rochefort décide de faire l’acquisition de la collection Millerioux6, un horticulteur de la cité, spécialisé dans la culture des bégonias. La serre comportait alors 200 espèces de bégonias botaniques et hybrides.

En novembre 1988, la collection a investi une serre suffisamment volumineuse et spacieuse d’une surface de 650 m2 afin de faciliter le développement des végétaux de sorte que, très rapidement, la ville devint l’une des toutes premières serres mondiales de conservation et de culture de bégonias.

Puis la municipalité en fit un musée municipal et l’ouvrit au public en 1990.

En 1993, la serre fut agrandie de 350 m2 afin d’y recevoir notamment des plantes de l’Amérique du Sud et du Cameroun grâce à des achats, des expéditions et des échanges.

En février 2010, le Conservatoire a été élargi par la réalisation d’un nouvel espace muséographique de 100 m2 avec facilité d’accès pour les personnes à mobilité réduite.

Aujourd’hui, le Conservatoire du Bégonia est agréé « Collection Nationale » et se décrit lui-même comme ayant la plus importante collection de bégonias du monde.