Serres tropicales de Paris

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Consacrées à la végétation tropicale humide, aux déserts, à la Nouvelle-Calédonie et à l’histoire des plantes, elles présentent une très riche collection de plantes exotiques

Ces serres tropicales ont été construites au 19e siècle, entre 1834 et 1836, quand le Jardin des Plantes se dote des premières grandes serres en métal et verre du monde. Pendant les travaux de restauration, qui ont commencé en 2005, les verreries ont été entièrement démontées et des bâches plastiques tendues pour abriter et chauffer la végétation tropicale. Les serres sont des bâtiments classés aux structures anciennes et fragiles qui souffrent des écarts de température et des effets de l’humidité. Les travaux ont permis de leur redonner leur aspect d’origine et d’en moderniser le fonctionnement. Tant l’extérieur que l’intérieur ont été restaurés et repensés.

Les serres se visitent en enfilade, on entre par la grande serre des forêts tropicales humides et avec un bel effet de contraste on passe dans la galerie attenante consacrée aux milieux désertiques ; puis on monte par le grand rocher jusqu’à la serre de Nouvelle-Calédonie et l’on repasse par l’extérieur pour gagner la serre de l’Histoire des plantes. Chaque serre s’ouvre par un sas où des extraits de films de paysages, d’atmosphères, préparent à la visite. Un ruban d’acier représentant une liane sert de support de contenu et informe les visiteurs via des mandalas (supports avec visuels et texte) et des satellites (bornes d’images avec manipulations ludiques: livrets, boites à sons, à odeurs, à microscopes…) Chaque serre dévoile une approche différente de la biodiversité végétale.

Dans la serre des forêts tropicales humides, le visiteur est plongé dans un milieu d’une exceptionnelle densité où les plantes, racontent leurs fonctions et leur utilité. Sous la verrière de 15m de haut, l’atmosphère est brumeuse, saturée d’humidité. On y trouve des bananiers, cacaoyers, palmiers, fromagers (arbre précieux qui sert a faire des pirogues, des textiles et des médicaments), épiphytes (plantes qui vivent sur d’autres arbres). Les serres tropicales c’est une nature sous verre qui fait l’objet de soins particuliers et dont certaines espèces venues de loin sont de belles ou étranges inconnues.

Dans la serre de Nouvelle-Calédonie, on passe à l’échelle des milieux et des paysages. Elément essentiel de l’identité Kanak, la terre calédonienne offre un patrimoine naturel exceptionnel : Maquis minier favorable aux Niaoulis et myrtacées, forêt sèche de conifères et résineux, forêt humide avec fougères arborescentes, orchidées, mousses, plantes epiphytes, savanes herbeuses ou buissonnantes avec flore andémique pauvre, et enfin entre terre et mer, la mangrove qui est un réservoir à biodiversité.

Dans la serre des déserts et des milieux arides, on observe des groupes aux surprenantes facultés adaptatives. La vie s’y maintient grâce à de subtiles stratégies: poils, formes compactes, épines, petites feuilles, longues racines, plantes succulentes. Les espèces du désert échappent à l’aridité à l’abri d’autres plantes, dans les fissures, au pied des rochers, à l’abri des vents. Cactus américains, euphorbes africaines, agaves, aloès, espelias, seneçons…chaque espèce à sa propre stratégie pour survivre et économiser l’eau. Ainsi les caudex à tiges ou racines renflées développent leur propre réservoir d’eau.

Dans la serre de l’histoire des plantes, les champs de l’observation s’élargissent à l’échelle des périodes géologiques de l’histoire de la Terre. La longue et foisonnante histoire des plantes terrestres, les « embryophytes », remonte a au moins 430 millions d’années.

Au cours de la visite, l’émerveillement ne naît pas que de l’exotisme mais aussi de la proximité avec les plantes et de la découverte de leurs faces cachées. De nouvelles plantations et présentations végétales ont été conçues pour diffuser les connaissances les plus récentes sur les plantes et sensibiliser tous les publics à la fragilité des milieux et aux enjeux actuels de leur préservation. On découvre la biodiversité végétale dans son abondance ou sa rareté et sous les multiples et étonnants aspects de son adaptation aux différents milieux terrestres.

Faire pousser en pleine terre des plantes originaires d’autres latitudes, leur recréer un substrat, c’est-à-dire un sol proche de celui de leur milieu naturel et maintenir des conditions de température et d’humidité adéquates, c’est un défi permanent pour les six jardiniers affectés aux serres.

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