Il existe quelques règles aussi évidentes que fondamentales qui régissent les activités de l’amatrice ou l’amateur de plantes exotiques au jardin. La première en est certainement que toutes les plantes exotiques ne sont pas égales par rapport au froid. Deuxièmement, nous ne cultivons pas tous nos plantes préférées sous les tropiques! L’un dans l’autre, nous sommes forcément amenés, avant (ou des fois, en cas d’achat « coup de coeur », après!) l’acquisition de la nouvelle belle exotique qui nous faisait tant envie, de nous interroger sur la capacité de cette dernière à prospérer dans notre jardin, sous notre climat. Voilà qui n’a rien d’évident, surtout dès que l’on se rend compte que l’on vient de mettre son doigt sur un domaine qui ne s’appuie pas sur une science exacte, pour une multitude de raisons. Il est heureusement cependant possible d’avoir une relative bonne estimation a priori des chances de telle ou telle plante de s’acclimater chez soi, en particulier vis-à-vis de paramètres climatiques tels l’intensité des gels dans votre région. Ce dossier ne prétend pas faire un tour définitif de la question – ce qui serait de toute façon illusoire – mais va tenter d’introduire et de présenter les méthodes les plus sérieuses et simples pour se faire une idée suffisament correcte de la résistance au froid des végétaux dans telle ou telle région.

Petite histoire des zones de rusticité USDA

Commençons tout d’abord par le terme USDA. Il s’agit de l’acronyme de United States Department of Agriculture, à savoir le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis, vénérable institution fédérale créée en 1862 pour apporter aide et support aux fermiers de ce pays. Dans les années 1960, cette institution a proposé le concept de zones de rusticité pour les Etats-Unis, et l’a révisé dans les années 1990. Le principe en est plutôt simple : le but des cartes exploitant ces zones est de trouver rapidemment les températures minimales hivernales pour une région donnée. Pour cela, ces zones de rusticité ont été définies en suivant deux contraintes :

Il faut d’abord suffisament de zones pour différencier des régions aux hivers différement marqués, mais il n’en faut pas trop non plus pour garder un système relativement simple.

De plus, ces cartes ont pour objet de représenter des phénomènes extrèmes, puisqu’il s’agit de mesurer la températures minimale absolue sur une année. Néanmoins, la température minimale absolue peut bien sûr changer d’une année à l’autre, et il faut garantir que cette carte puisse être utilisable sur plusieurs années! Le choix a donc été d’observer ces températures sur un grand nombre d’années, et de faire la moyenne de ces températures minimales absolues. La première chose à donc retenir de cet indicateur, c’est qu’il ne mesure pas le record de température pour une région donnée. Il mesure plutôt la température minimale probable que votre région va subir cet hiver.

Les zones de rusticité USDA…

Pour chaque zone, le chiffre donné représente la TEMPERATURE MINIMALE INDICATIVE que l’on y trouve. C’est une valeur moyenne établie sur les chiffres mesurés pendant les années précédentes. C’est ainsi que cette valeur est identique pour deux régions qui sont dans la même zone de rusticité, même si ces deux zones sont géographiquement éloignées.
Voisi les différentes zones et leurs valeurs associées (découpage de 1990) :

Les zones de rusticités en France

Zone 0a : < -53,9°C 
Zone 0b : de -53,9°C à -51,1°C 
Zone 1a : de -51,1°C à -48,3°C
Zone 1b : de -48,3°C à -45,6°C
Zone 2a : de -45,6°C à -42,8°C
Zone 2b : de -42,8°C à -40°C
Zone 3a : de -40°C à -37,2°C 
Zone 3b : de -37,2°C à -34,4°C
Zone 4a : de -34,4°C à -31,7°C 
Zone 4b : de -31,7°C à -28,9°C
Zone 5a : de -28,9°C à -26,1°C
Zone 5b : de -26,1°C à -23,3°C
Zone 6a : de -23,3°C à -20,6°C 
Zone 6b : de -20,6°C à -17,8°C
Zone 7a : de -17,8°C à -15°C
Zone 7b : de -15°C à -12,2°C
Zone 8a : de -°12,2C à -9,4°C
Zone 8b : de -°9,4C à -6,7°C
Zone 9a : de -6,7°C à -3,9°C
Zone 9b : de -3,9°C à -1,1°C 
Zone 10a : de -1,1°C à +1,7°C
Zone 10b : de +1,7°C à +4,4°C
Zone 11a : de +4,4°C à +7,2°C
Zone 11b : de +7,2°C à 10°C
Zone 12a : de +10°C à +12,8°C
Zone 12b : > +12,8°C

Les zones climatiques

La France se caractérise par son climat tempéré, toutefois, il existe 8 grands types de climat dans l’hexagone qui permettent de mieux déterminer les grosses précipitations d’une région à une autre :  les climats de montagne, le climat semi-continental et le climat des marges montagnardes, Le climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, Le climat océanique altéré, Le climat océanique franc,  Le climat méditerranéen altéré, Le climat du Bassin du Sud-Ouest, Le climat méditerranéen franc

Ces précipitations vont déterminer le degré d’humidité de l’air qui peut se présenter sous diverses formes : pluie, rosée, grêle, neige, brouillard. Certaines de ces précipitations sont bénéfiques pour les cultures, d’autres pas. 

Type 1 : les climats de montagne

Type 2 : le climat semi-continental et le climat des marges montagnardes

Type 3 : Le climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord

Type 4 : Le climat océanique altéré

Type 5 : Le climat océanique franc

Type 6 : Le climat méditerranéen altéré

Type 7 : Le climat du Bassin du Sud-Ouest

Type 8 : Le climat méditerranéen franc

Type 1 : les climats de montagne

En raison de sa grande dispersion spatiale, il est difficile de parler de climat franc avec le type 1 qui associe Pyrénées, Massif central, Alpes, Jura, Morvan, Ardennes et, malgré des altitudes modestes, les plateaux à l’est de la Champagne et une partie de la Lorraine et de la Franche-Comté. Ce type regroupe évidemment tous les lieux où les influences montagnardes et/ou semi-continentale sont prépondérantes, ce qui se traduit par : un nombre de jours et un cumul élevés de précipitation, une température moyenne inférieure à 9,4°C et, corrélativement, plus de 25 jours au cours desquels la température minimale a été inférieure à -5°C et moins de 4 avec un maximum supérieur à 30°C. La variabilité interannuelle des précipitations de juillet et des températures d’hiver et d’été est maximale.

Type 2 : le climat semi-continental et le climat des marges montagnardes

Le type 2 fait transition entre les climats de montagne et :
au nord, le type 3,
au sud-ouest, le type 4,
au sud-est, le type 8.

Il regroupe les périphéries montagnardes et s’étend sur de vastes secteurs en Bourgogne, Lorraine et Alsace où les températures sont moins froides qu’en montagne (elles sont cependant, à altitude égale, plus froides que partout ailleurs), les précipitations légèrement plus faibles et moins fréquentes, mais la variabilité climatique sur la normale 1971-2000 tout aussi élevée. Le faible rapport entre les précipitations d’automne et d’été est une autre caractéristique de ce type.

Type 3 : Le climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord

Ce type affecte l’ensemble du Bassin parisien avec une extension vers le sud (vallée moyenne de la Loire, le nord du Massif central et vallée de la Saône). Le climat reste océanique mais avec de belles dégradations. Les températures sont intermédiaires (environ 11°C en moyenne annuelle, entre 8 et 14 jours avec une température inférieure à -5°C). Les précipitations sont faibles (moins de 700 mm de cumul annuel), surtout en été, mais les pluies tombent en moyenne sur 12 jours en janvier et sur 8 en juillet, valeurs moyennes rapportées à l’ensemble français. La variabilité interannuelle des précipitations est minimale tandis que celle des températures est élevée.

Type 4 : Le climat océanique altéré

Le climat océanique altéré apparaît comme une transition entre l’océanique franc (type 5) et l’océanique dégradé (type 3). Entre le Nord-Pas-de-Calais et la Normandie il s’agit d’une fine bande tandis qu’à l’Ouest, cette transition s’élargit jusqu’à atteindre plus de 150 km. Elle affecte également le sud-ouest du Massif central, de la Dordogne à l’Aveyron et le nord des Pyrénées. La température moyenne annuelle est assez élevée (12,5°C) avec un nombre de jours froids faible (entre 4 et 8/an) et chauds soutenu (entre 15 et 23/an). L’amplitude thermique annuelle (juillet-janvier) est proche du minimum et la variabilité interannuelle moyenne. Les précipitations, moyennes en cumul annuel (800-900 mm) tombent surtout l’hiver, l’été étant assez sec.

Type 5 : Le climat océanique franc

Le climat océanique occupe un mince liseré en bordure de la Mer du Nord et l’ensemble de la Normandie, la Bretagne, la Vendée et les Charentes. Un espace océanique réduit occupe l’ouest des landes et des Pyrénées-atlantiques. Les températures sont moyennes et très homothermes : l’amplitude annuelle (moins de 13°C d’écart entre juillet et janvier), le nombre de jours froids (moins de 4) et chauds (moins de 4) et la variabilité interannuelle sont minimaux. Les précipitations sont annuellement abondantes (un peu plus de 1000 mm) et fréquentes en hiver (plus de 13 jours en janvier). L’été est également pluvieux (8-9 jours en juillet) mais les cumuls sont réduits. Le climat océanique se caractérise enfin par une forte variation interannuelle des précipitations d’hiver.

Type 6 : Le climat méditerranéen altéré

Le méditerranéen altéré s’étend surtout sur les Alpes et les Préalpes du sud, englobant l’essentiel des deux départements des Alpes-de-haute-Provence et de la Drôme. On en distingue également quelques lambeaux en rive gauche du Rhône, à la hauteur de l’Ardèche et sous la forme d’un étroit liseré à l’ouest, entre les Pyrénées orientales et l’Hérault. La température moyenne annuelle est élevée, avec des jours de froid en nombre réduit et des jours chauds compris entre 15 et 23/an. La variabilité interannuelle des températures de juillet est minimale : l’été est répétitivement chaud d’une année à l’autre. Le cumul des précipitations annuelles est moyen (800-950 mm) mais elles ne sont pas réparties homogènement. L’automne et l’hiver, humides et très variables d’une année à l’autre, s’opposent à l’été, sec et stable sur la normale 1971-2000.

Type 7 : Le climat du Bassin du Sud-Ouest

Ce type concerne une zone géographiquement composite, située à cheval sur plusieurs régions (Aquitaine, Languedoc) et centrée sur le bassin moyen de la Garonne. Par commodité, nous la dénommerons « Bassin du Sud-ouest ». Il est caractérisé par une moyenne annuelle de température élevée (supérieure à 13°C) et un nombre élevé (> 23) de jours chauds tandis que les jours qui présentent un gel inférieur à -5°C sont rares. L’amplitude thermique annuelle est élevée (15 à 16°C) et la variabilité interannuelle des températures d’hiver et d’été est faible. Les précipitations, peu abondantes en cumul annuel (moins de 800 mm) et en hiver, le sont un peu plus durant l’été. Elles sont plus fréquentes en hiver (9-11 jours) qu’en été (moins de 6 jours). Cette répartition indique que l’intensité des précipitations est faible l’hiver (précipitations océaniques) et plus élevées l’été (perturbations orageuses venant de l’Espagne ou du golfe de Gascogne). La variabilité interannuelle des précipitations est moyenne.

Type 8 : Le climat méditerranéen franc

Le climat méditerranéen occupe une bande d’une petite centaine de kilomètres autour de la mer éponyme, depuis les Pyrénées jusqu’au Var. Au-delà, dans les Alpes maritimes, le méditerranéen se rétrécit à tel point qu’il finit par ne plus apparaître que ponctuellement au sein des vallées alpines. En revanche, ce type s’élargit en Camargue, au passage du Rhône dont il investit la vallée jusque dans la Drôme. Le rebord oriental du Massif central, en Ardèche, est également affecté par ce climat. Les caractères climatiques sont très tranchés, plus que dans chacun des sept précédents climats. Les températures annuelles sont élevées, associées à des jours froids rarissimes et des jours chauds fréquents. L’amplitude interannuelle est élevée (plus de 17°C entre juillet et janvier) tandis que ces caractères sont très stables d’une année à l’autre. Le rapport très élevé entre précipitations d’automne et précipitations d’été (> 6) est le caractère principal de ce climat. Le cumul annuel des précipitations est faible avec un été aride mais un hiver plutôt bien arrosé malgré un faible nombre de jours de pluie. Ces caractères sont également stables d’une année à l’autre.

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